Entreprendre … Silence…Tête pleine.

 

C’est lorsque j’ai cessé d’entreprendre en étant guidée par la force de ma volonté que commence la plus grande,  la plus juste  « Entre-Prise » de ma vie : me retrouver, me redécouvrir, m’offrir et me réunir guidée, cette fois-ci, par  la source Divine. J’ai entrepris d’écrire ce processus sous la forme d’un « seule en scène » : Le Réveil.

 

 « Que dirais-tu d’écrire quelques lignes sur « entreprendre au féminin » ? Il est déjà tard lorsque je reçois cette proposition de la part d’une amie.

 Je m’allonge. Entreprendre… Silence…Tête pleine. Entreprendre ?  Rien. Tête vide. Pleine de rien ou vide après le trop plein, ma tête ne sait plus rien ce soir, pas même la signification d’entreprendre !

Entreprendre… Commencer ? Construire ? Bâtir ? Des mots parmi d’autres qui, chez moi, ne résonnent plus vraiment.

Entreprendre, je n’aime pas ce mot. Je respire. Entreprendre. Entre. Prendre. Entre-Prendre. J’inspire le «entre ». J’expire le « prendre ». C’est bon ça ! Je recommence. Oui !  « Entre »  se pose spontanément sur mon inspiration, « prendre »  coule le long de l’expiration. Entre : Je reçois l’air. Prendre : je le donne. Prendre : je donne ? C’est curieux !

Qu’ais - j’ «entre –pris»  dans ma vie qui ait du sens ?

 

Pendant 15 ans, j’ai commencé plusieurs postes, construit ma carrière, bâti  un CV. Même si je ne me considérais pas forcément comme une personne ambitieuse, j’étais tout de même guidée par le désir d’une réussite sociale. Je souhaitais être reconnue, être importante en quelque sorte. Sur ce chemin là, j’ai couru beaucoup afin d’obtenir toujours « plus », afin de faire toujours mieux. La satisfaction de ces différentes entreprises fut toujours éphémère, tout comme celle de chacun de ces petits  « plus »  (habits, maisons, voitures…). J’avais toujours envie de quelque chose  «d’autre». Mais que pouvais-je rechercher si ardemment, avec autant de désespoir ? Je suis rentrée dans une routine morne et ennuyeuse dans laquelle j’ai fini par me perdre et m’effondrer complètement. Déprime, dépréciation, dépression, j’ai alterné et traversé (je traverse encore parfois) ces états de souffrance vive, de désespoir abyssal. D’abord honteuse et en lutte contre eux, ils se sont transformés en de véritables bénédictions lorsque j’ai commencé à les accepter pleinement. Ces douleurs, pour peu que je les écoute, ont toujours de nombreux messages à me délivrer. Ces épreuves sont non seulement légitimes mais également d’une grande utilité en ce qui me concerne. C’est grâce à elles que j’ai commencé à appréhender et à incarner certaines notions clés : amour pour Soi, douceur, écoute de mes besoins, découverte  et acceptation de qui Je suis. Si je veille à ne pas me laisser tomber et submerger par le désespoir total (et j’aime à préciser que je me suis toujours permis l’accès à des accompagnements thérapeutiques variés, mais non médicamentés) ces périodes s’avèrent être des périodes de renouvellement intérieur et de découverte, laissant la place à des moments fastes et de plus en plus joyeux.

 

Je réalise que ma seule véritable entreprise aujourd‘hui est de travailler à remplacer  ma volonté, mon attachement au désir, ma soif de réussite, par l’accueil, la patience, la confiance et le non jugement. Mon entre-prise est celle de ma transformation intérieure. Pas si simple…

J’entre-prend chaque jour de rentrer en accord avec mon âme et ma source Divine d’Etre.

 

Le Réveil est la première forme résultant de ce processus de transformation, il en est à la concrétisation.

Il s’agit d’une pièce de théâtre, un  « seule en scène » que j’ai écrit et que j’interprète. Il retrace le chemin des retrouvailles avec notre Soi, celui au cours duquel on ose lâcher ce qui emprisonne (les conditionnements, les programmes inconscients qui maintiennent dans un carcan de jugements et de négativité, les peurs) pour renouer avec qui nous sommes vraiment. En entreprenant ce chemin de guérison et de création je découvre petit à petit une richesse intérieure que je ne soupçonnais pas chez moi.

En jouant cette pièce, j’ai finalement réalisé un rêve d’enfant, et en réalisant ce rêve, j’ai tellement reçu que  j’ai compris comment je voulais entreprendre ma vie. Encore une fois, j’entreprends chaque jour de me transformer et je souhaite l’écrire, le  jouer, le danser et le partager. J’entreprends également en mettant à disposition mes compétences, mes connaissances pour accompagner et soutenir celles et ceux  qui osent entreprendre ce même chemin, au travers d’ateliers et de  «conférences-partage ». Oser oui, car il faut du courage. Ce chemin, avouons-le, n’est pas synonyme de confort, ni de sécurité. Celles et ceux qui le suivent savent comme il peut s’avérer parfois violent. Il est douloureux de se mettre face à des choses de nous qui déstabilisent, bien compliqué d’abonner certaines croyances ancrées jusque dans nos chairs.

Et pourtant, ainsi je me sens être, ainsi je me sens libre, en joie, traversée par la vie. Ainsi je donne, je transforme et je reçois !

Ainsi donc, pour moi, Prendre signifie reconnaître qui on est, trouver ses talents, se reconnecter avec ses qualités profondes et les exploiter afin de pouvoir les donner. Voilà pourquoi il tombe sur l’expiration!

L’  « entre »  deux  « prendre » n’est autre que l’espace pour la récolte, le temps du recevoir  (inspiration), conformément à la loi universelle.

Entreprendre au féminin signifie prendre sa place, dans et avec Amour.

Je respire. Je souris.

Entreprendre.  J’aime ce mot !

Puissions-nous toutes et tous entre-prendre ce chemin de transformation intérieure, de ré-unification afin que le monde de souffrance mené par nos impulsions égotiques laisse place à un monde qui nourri, un monde qui élève, qui enseigne, qui soigne, qui protège, qui comble tous nos besoins, un monde qui aime. Trouvons et offrons ce que nous sommes de plus beau afin de créer l’harmonie et la paix au niveau universelle.

Avec sororité.